4 BRIBES D’HISTOIRE
Le développement commercial de Pringy est parti du village de la gare. La présence de la fruitière et de la gare SNCF entraîne tout d’abord la création de deux cafés en 1896 et 1903, puis du café-hôtel-restaurant « Les Charmilles », en 1930.
Avant la seconde guerre mondiale s’installeront un marchand de vin, une scierie et une entreprise de maçonnerie, toujours à Pringy Gare, puis un commerce de charbon et matériaux, une minoterie, fabrique d’aliment pour bétail, un atelier de fabrication de présure et une menuiserie. Ces entreprises ont disparu dans les années 1990-2000. À partir de 1950, l’arrivée d’une population nouvelle voit s’installer des commerces « de bouche », complétés à partir de 1975 par des activités médicales et autres commerces de proximité.
Par sa situation sur l’axe Annecy-Genève et les aménagements réalisés dans sa traversée, la proximité avec la zone d’activités Pringy-Argonay et Park Nord, la présence d’établissements scolaires et de l’hôpital, Pringy-Gare est devenu un centre commercial vivant et florissant. Le renouvellement urbain du quartier commercial des Charmilles, en particulier, a apporté une dynamique supplémentaire à Pringy en accueillant un nombre significatif de commerces de qualité : boulangerie, fromagerie, traiteur et restaurants dans les années 2000, puis des services dans les années 2010 (salon de coiffure, banque, agence immobilière, institut de beauté), le tout desservi par un parking important et gratuit.
Dans ces années se sont également construits de nouveaux logements, une première dans le quartier de la gare depuis l’immeuble le Parmelan dans les années 70. Le quartier compte aujourd’hui près de 50 commerces et services représentant près de 400 emplois !
LES « MÈRES » RESTAURATRICES
Pringy est le berceau de la famille Bozon.
Les arrière-grands-parents s’installent dans la commune vers 1910, et l’arrière-grand-père y crée une entreprise de charpente. Pour loger et nourrir les ouvriers, l’arrière-grand-mère ouvre une pension, qui sera transformée après la crise de 1929 en hôtel-restaurant, « Les Charmilles ».
À cette époque Pringy est une commune rurale entourée de champs, de forêts et bordée par le Fier. Les cafés, hôtels et restaurants rythment la vie du village. C’est aussi l’époque des « mères », ces femmes de forte personnalité qui tiennent un restaurant et cuisinent des plats traditionnels, régionaux et populaires. Au début des années 1900, ces cuisinières sont nombreuses et certaines deviendront célèbres comme la mère Brazier et la mère Bourgeois de Lyon ou encore la Mère Bise à Talloires, les trois premières femmes à avoir obtenu trois étoiles au Michelin.


Chez la Mère Bozon, la table est réputée ! On se régale d’une cuisine généreuse et bourgeoise dans une ambiance conviviale, et les clients finissent par faire partie de la famille. Les grands-parents reprendront l’établissement dans les années 50 et son activité cessera en 1996 suite au séisme, laissant place au programme immobilier « Le Cristal ».
LA FRUITIÈRE, LIEU IMPORTANT DE LA VIE DU VILLAGE
Pendant longtemps et jusque dans les années 50, l’agriculture, notamment la production de lait, a été l’activité principale de la commune de Pringy. Matin et soir il fallait livrer la traite à la fruitière, propriété de la coopérative, qui était tenue par un fromager qui fabriquait chaque jour l’emmental, la tomme et le beurre. Les éleveurs de Pringy portaient leur lait dans les « bouilles » à la fruitière de la Gare, ceux de Proméry dans un local au centre du village où le fromager venait le chercher. Ces livraisons étaient l’occasion de se retrouver au café de la Gare ou de Proméry pour boire un verre et jouer aux cartes.

Chaque année le lait était négocié par « le comité du lait », constitué du fruitier et des représentants des producteurs. Cette réunion donnait lieu à des discussions animées et parfois interminables, puis l’affaire conclue on finissait autour d’une fondue payée par le fruitier.
S’il n’y avait pas d’accord, la discussion reprenait avec un autre fruitier. Triste sort pour le sortant qui devait alors quitter les lieux rapidement avec ses fromages en cours d’affinage et ses porcs…
La diminution des agriculteurs entraîna celle des porteurs de lait. La fruitière de Pringy, fondée en 1883, a cessé de fonctionner en 1990.
LE BLASON DE PRINGY
En 1984, en guise d’armoiries, la commune de Pringy est dotée d’un blason, œuvre de Robert Boileau.

La base est un écu de Savoie tel qu’il était représenté en 1401 lorsque Pringy a été rattachée à cet état.
Au centre est représenté l’écu du Genevois, dont la commune fait partie géographiquement. Il est entouré par 4 symboles. En haut à gauche, un chevron d’or évoque la suzeraineté de la famille de Monthoux sur Pringy. En bas à droite, on trouve la croix tréflée de saint Maurice, patron des paroisses de Pringy et Ferrières, entrecroisée de celle de saint Lazare, vocable de l’ancienne léproserie du pont de Brogny. En haut à droite, une pioche symbolise les mines de fer qui ont donné leur nom à Ferrières.
Enfin, en bas à gauche, une poterie représente l’époque gallo-romaine à laquelle vivait Primus, notable qui donna son nom à la commune. Sous l’écu on peut lire « 867 PRIMACUS », date et vocable sous lesquels apparaît pour la première fois Pringy dans « le diplôme de Lothaire », qui est en fait le testament du roi Lothaire II en faveur de son épouse. C’est en quelque sorte « l’acte de naissance » de notre commune.
LA RECETTE DE FAMILLE
RISSOLES AUX POMMES DE LA MAMIE DE POSIY
Spécialité savoyarde ou suisse préparée à l’automne, on les retrouve aussi lors des fêtes. Le mot « rissole » (rézule en patois savoyard) vient du français « rissoler », issu du latin russeolus (« rougeâtre »). On en fabrique en Savoie et en Dauphiné depuis le 14e siècle à la viande pour utiliser les « chutes » de porc.
À partir du 17e siècle, la version sucrée s’impose, d’abord avec de la compote d’abricots puis avec des pommes ou encore des « poires à rissoles » (blesson, marlioz…) qui présentent la particularité, étant très dures, de ne pouvoir être consommées que cuites. La pâte, dorée à l’œuf, est parfois saupoudrée de sucre glace après cuisson. Les pommes sont parfois remplacées par des coings.
C’est traditionnellement aux fêtes de fin d’année que la mamie de Poisy (mère de Claudette Bozon) préparait ses fameuses rissoles. Faciles à préparer, elles se dégustent, chaudes ou froides, au dessert ou au goûter.
Pour 6 personnes
- 400 g de pâte brisée ou feuilletée
- 2 kg de pommes
- 200 g de sucre
- 2 verres d’eau
- 1 cuillère à café de cannelle
- Sucre glace
Préparation
- Laver, peler et épépiner les pommes.
- Les faire cuire dans une casserole à feu doux durant 45 minutes, avec l’eau, le sucre et la cannelle.
- Les mixer grossièrement.
- Étaler la pâte et découper des rectangles d’environ 10 sur 20 cm.
- Garnir avec 1 cuillère à soupe de compote.
- Replier les bords de la pâte et sceller avec de l’eau.
- Dorer au jaune d’œuf.
- Préchauffer le four à 180°C et enfourner durant 15 min.
- Saupoudrer de sucre glace et déguster.
