Annécien de naissance
André Paccard s’installe en tant que décorateur dès 1952, date à laquelle il crée L’Atelier 74 – André Paccard. Une base d’où il conçoit de multiples projets à Paris (1968). Rabar (1973), New York (1983), ou Riyad en Arabie Saoudite (1987). C’est surtout en tant que décorateur attitré du roi Hassan Il du Maroc jusqu’au milieu des années 1980 que l’architecte de talent connaîtra un succès d’envergure. Quinze ans durant, il travaillera dans de nombreux palais, activité éminemment fructueuse qui l’amènera à passer des commandes à de nombreuses sociétés de la région d’Annecy, près de 600 dit-on. Une époque bénie pour les artisans de sa garde rapprochée tant ce visionnaire prônait la qualité et n’hésitait pas à mettre tous les moyens pour accéder à la perfection.
DES RIVES DU LAC À LA MAMOUNIA
La rencontre entre les deux hommes se fit par hasard alors que l’architecte vivait encore modestement à Saint-Jorioz. Une chance qui lui vaudra la confiance totale du roi qui, parait-il, rêvait secrètement d’être architecte lui aussi. L’ascension du cabinet d’André Paccard devient vertigineuse, dans un contexte très faste.
Les grandes entreprises annéciennes se mondialisent, son maire Bernard Bosson devient ministre, l’industrie touristique est en plein essor et Annecy deviens, selon les témoins de l’époque, la « base arrière » du Maroc.
Ignorant la demi-mesure et porté par un talent hors du commun, l’architecte s’illustre par ses chantiers aux matériaux et mobilier d’exception, des marbres les plus précieux aux bois d’ébénisterie.
Les meilleurs artisans sont alors recrutés à prix d’or, répondant à des cahiers des charges de la plus haute exigence.




Les réalisations menées pour le compte d’Hassan II, à l’image du fameux chef-d’œuvre La Mamounia à Marrakech, valent à André Paccard une renommée sans conteste. Mais pour autant, son altruisme le pousse à oeuvrer activement pour sa ville à laquelle il est très attaché.
ENTREPRENEUR ET VISIONNAIRE
Fervent de culture et ayant à cœur de développer l’attractivité touristique de sa région, il se positionne comme mécène d’événements phares comme les Journées internationales du cinéma d’animation.
Président de la Compagnie des bateaux du lac d’Annecy, il crée en 1984 l’imposante Libellule, véritable emblème du lac, qui devient le lieu flottant des soirées les plus en vue du moment. Il met également en place le pratique et novateur service des taxis du lac.
Visionnaire, André Paccard imagine des projets d’aménagement de sites incroyablement avant-gardistes qui, pour diverses raisons, ne verront jamais le jour. Ainsi, il propose, lors du projet de rénovation du téléphérique du mont Veyrier, l’implantation à son sommet d’un restaurant circulaire tournant qui aurait permis de profiter d’une vue tantôt face au lac tantôt face au mont Blanc. Il réalise également une maquette des Nouvelles Galeries sur sept niveaux, dont le toit aurait été occupé par sept villas avec piscine, toutes vendues sur plan !
Aujourd’hui encore, on peut reconnaître le style Paccard dans certains quartiers de la ville, comme une fontaine ornementale au détour d’un jardin public, ou dans certaines somptueuses maisons privées à Veyrier au caractère architectural exceptionnel et singulier. Cette même passion et cet amour de la belle ouvrage se retrouvaient aussi dans ses demeures particulièrement soignées et réussies, entre autres sa splendide Ferme installée à Thorens-Glières et l’immeuble














– dit immeuble Paccard – quai Perrière à Annecy.
Grâce à lui, bien des rêves sont devenus réalité, et il aimait se qualifier de chef d’orchestre et se rappeler que le résultat de sa réussite était dû à la somme des cerveaux qui l’entouraient, ses collaborateurs avec qui il entretenait des relations paternelles.
Parfois sulfureuse mais profondément généreuse, cette personnalité haute en couleur et au parcours hors normes ne laissait personne indifférent et aura indéniablement marqué sa ville de sa patte virtuose.


